Valérie Provost

« Sur le rocher » – La photo

Vous pouvez consulter le résumé de la nouvelle ici.

Lorsqu’il a été temps d’écrire ma quatrième nouvelle pour le BREF, j’étais à court d’idées – et de temps. La précédente avait été très difficile et très longue à écrire, et j’avais l’impression de ne pas avoir eu l’occasion de reprendre mon souffle depuis. Je me sentais vide. L’idée de devoir repartir à zéro, d’inventer une histoire et des personnages de toute pièce me décourageait.

Durant cette période, j’étais aussi, en parallèle, plongée dans le projet de création que je mène dans le cadre de ma thèse de doctorat. En prévision d’un texte sur ma grand-mère, j’avais demandé à ma mère de me prêter les photos de famille qu’elle garde dans une grande boîte de rangement en plastique. Pendant quelques jours, j’avais observé et classé les centaines de clichés qu’elle contenait. J’étais complètement immergée dans les traces de mon histoire familiale, avec tous les personnages qu’elle contenait. Cela rendait d’autant plus difficile l’idée de replonger dans l’univers du BREF.

Plutôt que de me battre contre cette difficulté, j’ai décidé de m’en servir. Si ma tête se refusait à sortir de la boîte de photos, j’allais y puiser l’inspiration pour mon texte.

J’ai retrouvé une de mes photos préférées, qui me montre debout sur une grosse roche, sur le terrain d’un chalet qui, me semble-t-il, appartenait à une amie de la famille. Entre mes doigts, un serpent en peluche que je ne me souviens pas avoir vu ailleurs. Je ne sais pas pourquoi j’aime autant cette photo, mais je me souviens l’avoir souvent regardée, quand j’étais plus jeune et que je fouillais dans les souvenirs que ma mère conservait dans sa chambre.

La photo.

De cette photo est née l’idée d’un personnage qui feuillette un album familial. La roche de la photo est devenue un des rochers de la Pointe-aux-Anglais. Il me restait maintenant à imaginer ce qui se passait autour de la photo.

Photographier le vent

Le texte de Camille intitulé « La ménagerie de roc » ainsi que son personnage de Régine m’avaient beaucoup émue. J’y voyais un personnage complexe, empreint d’une sensibilité extraordinaire. Je suis allée le relire dans les premiers jours de l’écriture de ma nouvelle, espérant y trouver une manière de raccrocher mon texte à la Pointe que nous étions en train de construire dans le cadre du BREF.

Un extrait, en particulier, m’a marquée :

« Une nuit, Régine a voulu photographier le vent. »

Les questions que posait cette phrase et la poésie que cette image folle convoquait se sont imprégnées dans mon écriture. Ma narratrice aussi voudrait photographier le vent : saisir ce qui échappe à la photo, ce qui ne peut pas être fixé. Ce qui ne reste pas. Et pour moi, cette perte, évidemment, c’était les parents.

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