Camille Deslauriers

« Dans les bras de Satie » – Quand la rêverie s’en mêle

Vous pouvez consulter le résumé de la nouvelle ici.

Quand on s’abandonne à « la rêverie littéraire, étrange rêverie qui s’écrit, qui se coordonne en s’écrivant, qui dépasse systématiquement son rêve initial, mais qui reste quand même fidèle à des réalités oniriques élémentaires » (Bachelard, 1989, p. 27), il arrive qu’un personnage déménage un piano sur la grève. 

Retourner à Bachelard (L’eau et les rêves) et y trouver des permissions. « Pour avoir cette constance du rêve qui donne un poème, il faut avoir plus que des images réelles devant les yeux. Il faut suivre ces images qui naissent en nous-mêmes, qui vivent dans nos rêves, ces images chargées d’une matière onirique riche et dense qui est un aliment inépuisable pour l’imagination matérielle » (Bachelard, 1989, p. 27).

Tricher un peu en regard de notre posture géopoétique, et ne pas retourner sur les lieux, cette fois. Plutôt : rêver le lieu. 

Physiquement, je me suis « arrêtée » à la première crique; et dans l’imaginaire, j’y suis restée. Ma deuxième nouvelle, « Dans les bras de Satie », se déroulera donc là. Encore une fois.

À l’origine du texte, mon besoin de camper des atmosphères – et plus particulièrement, des atmosphères oniriques, poétiques. 

Quatre éléments « intertextuels » ou « intermédiaux » m’habiteront pendant ma semaine d’écriture intensive. La poésie répétitive de la pièce Vexations, de Satie, que j’écoute en boucle toute la semaine, dans plusieurs versions, mais avec celle-ci, plus particulièrement https://music.apple.com/us/album/erik-satie-musique-dentracte/1226517297; cette scène du film La leçon de piano, de Jane Campion, où le personnage renoue avec son piano sur la grève, scène culte d’un film qui m’habite depuis que je l’ai visionné pour la toute première fois; l’étrangeté des livres de Yoko Ogawa, et l’érotisme onirique de L’annulaire, plus particulièrement; les décors éthérés des tableaux de Léonor Fini. Autant de sons et d’images – au sens bachelardien du terme – qui « vivent » en moi et entraîneront ma rêverie dans leur sillage, tout au long de l’écriture et la réécriture de ce nouveau texte.

Référence(s) : Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, Essai sur l’imagination de la matière, Paris, Librairie José Corti, (1942) 1989, 265 p.

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